
Tu t’es sûrement fumé plus d’un joint de la variété qui porte son nom sans même savoir qu’il s’agissait d’une personne réelle. Oui : Jack Herer, la variété hybride légèrement sativa que tu as goûtée tant de fois, doit son nom à un homme bien réel.
Qui est Jack Herer ?
Je fume depuis toujours, en partageant la fumée avec des fumeurs plus ou moins avancés. J’ai dû fumer de la Jack Herer plus d’une vingtaine de fois et aujourd’hui, à 31 ans, je viens d’apprendre que cette variété tient son nom d’un célèbre activiste.
Les plus vieux de la vieille de la culture cannabique le connaissent sûrement, mais il y a toujours un fumeur distrait, complètement à côté de la plaque, qui comme moi ignorait l’origine du nom de cette herbe.
Comme le savoir ne prend pas de place, aujourd’hui je te raconte qui était Jack Herer et quel a été son rôle dans la lutte pour défendre la plante sainte.
The Hemperor
Jack Herer a été l’un des activistes du cannabis les plus importants des États-Unis et de l’histoire. Cet Américain, qu’on connaissait aussi sous le nom de « The Hemperor », a consacré de nombreuses années de sa vie à lutter contre la prohibition du cannabis.
Et il s’est battu, crois-nous ! Son nom perdure dans l’une des variétés de cannabis les plus puissantes du monde, et ça, pour nous, c’est le sommet. L’impact de Jack a été tel qu’aujourd’hui encore ses deux livres continuent d’être lus et sont traduits dans des dizaines de langues.
Ses deux livres
Forcément, si je ne savais même pas que l’herbe que je fumais rendait hommage à un type, je n’avais pas lu ses livres non plus. Mais j’ai cherché des infos et ce sont des lectures quasi obligatoires dans le milieu du cannabis.
Le premier d’entre eux, G.R.A.S.S., a servi d’outil pour que les Américains puissent tester la qualité du cannabis sur une échelle de 1 à 10.
Avec la publication de ce premier livre, Jack Herer a décidé d’ouvrir la première boutique de chanvre que les États-Unis aient vue depuis de nombreuses années.
L’Empereur est nu, son deuxième livre, est une autre lecture quasi obligatoire si tu aimes l’histoire de la marijuana. Les deux sont d’autant plus intéressants qu’il n’y défend pas la plante uniquement du point de vue récréatif.
Le chanvre au-delà de la fumette
La plupart des arguments de Jack Herer se concentraient sur les applications industrielles du chanvre : la plante peut s’utiliser comme source de fibre, de combustible renouvelable et de papier, et elle pousse pratiquement partout dans le monde.
Qu’une plante aussi polyvalente soit interdite, ça ne lui rentrait pas dans la tête, et il s’est battu jusqu’à l’épuisement pour défendre sa légalisation.
Cette partie de son discours est toujours d’actualité : une bonne partie de ce qu’on vend, depuis nos feuilles et nos tips jusqu’aux fleurs de CBD, existe parce que le chanvre industriel a pu être séparé légalement du cannabis avec THC.
Candidat à la présidence
Le plus curieux dans toute cette histoire, c’est que Jack Herer a décidé de se présenter comme candidat à la présidence des États-Unis pour le Grassroots Party.
En 1988, il a concouru contre George Bush père et a reçu 1 949 voix. Quand il s’est représenté en 1992, il a reçu exactement 3 875 voix. Assez logiquement, il n’avait pas beaucoup de soutien institutionnel, mais sa cause a été portée jusqu’au bout par des milliers de consommateurs américains.
Son héritage
Après des décennies de lutte contre le gouvernement pour la légalisation, la santé de Jack a commencé à se dégrader. Beaucoup ont attribué ses problèmes de cœur au travail de campagne constant et à la dévotion pour sa cause.
Jack est mort le 15 avril 2010, à 70 ans, en laissant un héritage jamais vu dans la culture du cannabis. Certains historiens soutiennent que, sans ses efforts, l’industrie du cannabis serait encore totalement stigmatisée et interdite aux États-Unis.
Jack Herer est un autre de ces héros sans cape qu’on devrait honorer à chaque fois qu’on s’en allume un.
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